Waf! et votre smartphone chinois

Dans la hotte des achats de Noël, les smartphone chinois cellulaires, occupent une place. Sans que les consommateurs soient clairement avertis de leur exposition aux radiofréquences de ces appareils et de leurs dangers potentiels. Car les données fournies par les fabricants sont fondées sur des tests effectués en laboratoire, selon des procédures très différentes des conditions réelles d’utilisation des mobiles. C’est ce que dénoncent aujourd’hui les militants« anti-ondes», qui y voient« un scandale industriel et sanitaire» de même nature que « dieselgate».

“>Un« phonegate» donc? Dans le cas, il ne s’agit pas d’une tricherie au sens du mot, mais plutôt de brouillage des données aux usagers, à la faveur d’une réglementation est faible. Les enjeux sanitaires n’en sont pas moins importants.

Lire aussi: Alerte sur les dangers des radiofréquences pour les enfants

Le dossier est technique, qui contribue à son opacité. Les radiations émises et reçues par un smartphone chinois portable est mesurée par le débit d’absorption spécifique (DAS), exprimé en watts par kilogramme (W/kg). Cette quantité d’énergie absorbée, sous forme de chaleur, dans les tissus biologiques. En Europe, une réglementation de 1999 a fixé la valeur à ne doit pas dépasser 2 W/kg pour l’exposition de la tête et du tronc, et 4 W/kg pour les membres.

Les fabricants se conforment à ces normes… du moins quand l’appareil n’est pas placé au contact du corps. Pour certifier leurs modèles, ils font vraiment de procéder à des essais en laboratoire. L’exposition au niveau de la tête est évaluée, non sur des cobayes humains, mais sur des mannequins remplis d’eau et de sucre. Pour le corps, on se contente de la capacité pour l’eau.

Or, si, pour les tests au niveau de la tête, la réglementation impose que la mesure soit faite smartphone chinois collé à l’oreille, pour ceux au niveau du reste du corps, elle laisse industriels libre de fixer la distance à laquelle est placé l’appareil. Et de la choisir en sorte, précisément, que la limite d’exposition ne soit pas être dépassée.

Lire aussi: High-tech: les français de plus en plus« accros», mais aussi de plus en plus méfiants

manuels floues

A l’exception des modèles les plus récents, pour lesquels la distance au cours de l’essai a été raccourcie, celle-ci était jusqu’ici d’environ 15 mm, plus de 25 mm . Rappelons que même lorsque l’utilisateur n’est pas, un smartphone chinois , son mobile, lorsqu’il est en mode de veille connecté et la source de radiofréquences.

L’Agence nationale des fréquences (ANFR), l’établissement public chargé du contrôle de ce domaine, a fait procéder à ses propres évaluations, dans des laboratoires de l’europe, sur un échantillon de 95 smartphone chinois mobiles sélectionnés dans les différents points de vente depuis le début 2012 et jusqu’à la fin de 2014, et 71 autres sélectionnés au cours de l’année 2015. A une distance du corps de 1,5 cm ne dépassait la limite de 2 W/kg.

Mais elle a fait réaliser de nouvelles mesures avec, cette fois, l’appareil en contact du corps. Les résultats sont très différents. Ils sont rapportés dans l’avis de juillet 2016 de la Poignée. Quelques-uns atteignaient même 7 W/kg. Ces dépassements ne concernent pas l’exposition de la tête, et le reste du corps.

Les industriels affirment que les instructions d’utilisation de leurs produits, de même que les informations accessibles en ligne ou sur le smartphone lui-même, mentionnent bien que les tests ont été menés à une certaine distance du corps et que celle-ci doit être respectée pour ne pas dépasser le niveau de l’impact certifiés. Il faut regarder à la loupe cette documentation pour le savoir. D’ailleurs, l’ANFR a constaté que« manuel d’utilisation de 25% des smartphone chinois contrôlée, ayant DAS au contact du corps supérieur à 2 W/kg n’indiquait pas de distance minimale d’utilisation».

Lire aussi: Snowden a coque d’iPhone antisurveillance

« Pas de portable pour les enfants»

les résultats détaillés de cette contre-expertise n’ont pas été divulgués. L’ex-coordinateur national de l’association Priartem (Pour rassembler, informer et agir sur les risques liés aux technologies électromagnétiques), Marc Arazi, aujourd’hui« expert indépendant», a vainement tenté d’obtenir. Il a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), qui s’est déclarée« favorable» à la communication des données de l’ANFR, avant le 29 décembre.

Interrogé par Le Monde, Gilles Brégant, directeur général de la gestion, indique cependant, qu’il ne les rendra pas publiques. Motif:« La loi interdit leur communication à des tiers, ces données ayant été recueillies dans le cadre de procédures qui peuvent entraîner des sanctions.» Sollicités directement, Apple et Samsung n’ont pas souhaité faire de commentaire.

ANFR n’est”>L’ANFR n’est pas restée pour autant sans réaction. Elle dit son directeur, alerté les autorités françaises, qui ont demandé à la Commission européenne. Celle-ci a pris, en avril, une décision disposant que les tests de certification doivent être réalisés à une distance du tronc « ne dépassant pas quelques millimètres». Cette formulation laisse encore une marge de manœuvre aux industriels, mais, assure M. Brégant,« tous les appareils commercialisés depuis avril 2016 sont testés à 5 mm du corps». Cette mesure tardive ne règle rien, toutefois, pour tous les mobiles déjà en service. En France, 25 millions de smartphone chinois mobiles sont mises à jour chaque année sur le marché.

Lire aussi: Ce que votre portable dit de vous… chimiquement

Sans doute la question des dangers des radiofréquences reste-t-elle débattue.

porte-parole de l’association Robin des toits, Etienne Cendrier souligne que« le cerveau humain n’est pas fait l’eau et de sucre comme les mannequins des tests». Il ajoute que« les normes d’exposition, outre qu’ils sont très hautes, ne prennent en compte que les effets thermiques, à l’exclusion d’autres risques tels que les cancers sont possibles». La présidente de Priartem, Janine Le Calvez tire pour sa part une leçon radicale:« Pas de portable pour les enfants!»

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *